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YACA SACA MACA .....Changer son cheval borgne contre un aveugle

DARIEN GAP 21 mars 2008

Initialement j'avais l'intention de parcourir l'Afrique en avril. Au fur et à mesure que je me familiarisais avec le sujet, mes projets changeaient. En définitive il s’est avéré que le meilleur chemin était de passer par le lac Tanganyika en Tanzanie, ensuite passer par le Malawi et la Zambie. Les ambitieux projets de la visite du Burundi et du Rwanda ont été abandonnés pour de bonnes raisons. Normalement, il ne me restait plus qu’à me procurer le billet d’avion et à partir. Et c’est à ce moment-là qu’on s’est trouvé confronté à une série d’obstacles; il s’est avéré qu’il fallait avoir un visa d’entrée pour chacun de ces pays et même que dans certains endroits on nous sommait de payer 500 billets par tête à la journée. A ces obstacles se sont greffés une série de petits détails qui ont fait que le projet de découvrir l’Afrique est totalement tombé à l’eau.
L’Afrique attendra; son tour viendra sûrement.......................

M’étant préparé à quitter mon noble et confortable fauteuil de bureau, je n’acceptais pas de subir un revers de fortune et d’affronter constamment les vents de face. J’ai toujours en réserve des rêves à réaliser. Sinon, à quoi bon les rêves !

Il y a 20 ans et des poussières, parcourant la Colombie, je n’ai pas réussi à atteindre la frontière avec le Panamá. J’ai rencontré par hasard un chauffeur de camion à qui j’ai fait part de mes projets. Il a commencé par se moquer de moi et m’a fait comprendre que c’était de la folie de vouloir traverser la frontière. Il m’a alors embarqué dans sa vieille caisse, m’a couvert de chiffons et de branches et m’a conduit comme un chat dans la poche jusqu’au sud du pays.

Jusqu’à ce jour, j’ignore si je dois lui être reconnaissant ou pas. Ce qui est certain, c’est qu’il m’a empêché de réaliser mon rêve. Aujourd’hui, je suis déterminé à le réaliser, ce rêve, mais en partant du Nord. Sans réfléchir, j’ai réservé un billet électronique pour Panamá City. En quelques minutes, j’étais en possession d’un billet d’avion aller-retour.

Ca y est, je quitte Montréal le 8 avril pour atterrir à Panamá City dans l’après-midi, et de là je galoperai ventre à terre vers Yaviza. Fini les plaisanteries. Bonjour Daren Gap. J’ai l’intention d’y passer 3 semaines. Instinctivement, j’ai fixé ma date de retour pour le 1er mai. D’ici là, j’espère que j’aurai accès à un ordinateur pour donner des signes de vie de temps en temps.

DARIEN GAP 28 mars 2008

Théoriquement, je suis déjà dans l’avion, je m’envole vers Panamá City, je traverse la jungle en canot.
Mardi, je suis allé au bureau des passeports pour obtenir un nouveau passeport, parce que le mien expire le 10 avril. Comme d’habitude, il fallait faire la file pendant 2 heures. Le problème n’est pas là mais mon passeport allait être prêt le jour de mon départ.
Or, mon vol était prévu à 6 heures du matin… rien n’étant impossible au Canada, pour 30 $ de plus, je pouvais avoir mon passeport un jour plus tôt, la veille de mon départ. Les escrocs !!
À partir de Montréal, on peut se rendre à Panamá City en vol charter. Le passeport polonais peut faire l’affaire.
Par ailleurs, on n’est pas obligé d’acheter une carte touristique.
Cela dit, comme je dois passer par Miami, j’ai besoin d’un passeport canadien, ne fût-ce que pour monter à bord de l’avion. L’autre solution, ce serait d’avoir un visa multiples. Ceci, je le mentionne à titre d’information pour les personnes que ça intéresse… Je dois encore régler quelques détails concernant mon départ. Déjà avec le premier de ces détails, j’ai rencontré des embûches. J’ai essayé de me procurer 2 petites bouteilles d’iode mais ce fut un fiasco. Il est vrai qu’on peut avoir de l’iode dilué avec de l’alcool méthylique mais celui-là ne fait pas l’affaire. En ce qui concerne l’endroit où je dois me rendre, les informations sont plutôt pauvres. Ce n’est pas vraiment étonnant parce que ce n’est pas une piste fréquentée par les touristes.

Je sais déjà qu’en cas de difficultés pour me rendre de Yaviza au Parc Darien par la rivière Tuira, je devrai aller sur la Côte Pacifique jusqu’à Jaque, ce qui n’est pas chose facile. Sans doute le plus simple serait de s’y rendre en avion. Cela dit, j’ai les coordonnées d’un braconnier local grâce à qui je pourrai rentrer dans le parc et y passer quelques jours.

Évidemment, je suis en train de méditer si je dois prendre une tente ou me contenter de mon hamac qui m’a bien servi jusqu’à présent. La question n’est pas banale, il s’agit de kilogrammes supplémentaires que je dois trimbaler sur mon dos. Le Panamá est un pays attrayant et intéressant pour les touristes, il y a des choses agréables pour tout le monde. C’est pour ça, à tout hasard, je prendrai avec moi la carte de plongée sous-marine. En cas d’ennuis pour arriver au Parc Darien, j’irai au nord-est de Bocas del Toro et je vérifierai ce qui se passe dans les profondeurs. Je n’ai pas fait ça depuis longtemps. Prochainement, j’espère pouvoir écrire, à partir de Panamá City, quelque chose de plus concret.